Il y a des signes qui ne trompent pas. Un sapin de Noël emplis de sous-bocks du côté de salons de la mairie de Strasbourg et le mot est lâché : « La bière de Noël est arrivée ». Hopla, on y est.

En Alsace, la bière de Noël n’a rien d’un gadget. C’est un rendez-vous. On la guette comme le premier marché de l’Avent, on la goûte, on la compare, et on se chamaille gentiment pour savoir laquelle mérite la couronne.
Les Brasseurs d’Alsacele savent bien. Chaque automne, ils sortent leurs malts caramélisés, leurs fruits confits, leurs épices. Certains, même, décident de s’en passer complètement.
Cette année, Made in Alsace en a fait le tour. Treize brassins, de Saverne à la vallée de Munster, de la grande maison historique au petit brasseur qui travaille dans son coin. Voici ce qu’il y a dans les verres, et ce qu’il faut mettre dans l’assiette à côté.
Strasbourg et sa couronne
Schutzenberger Noël, 6 %
Brasserie De Schillick, Schiltigheim
Cannelle et orange. Pas besoin d’en dire beaucoup plus. C’est une ambrée qui réconforte, celle qu’on ouvre en rentrant du marché, les doigts encore gelés.
À table : une cuisse de canard confite sur lit de choucroute. Ou, pour l’entrée, une crème de potiron avec foie gras poêlé et pain d’épices.
Sous la neige, 7 %
Brasserie Bendorf, Strasbourg
Là, on sort des sentiers battus. Une ambrée houblonnée, portée par une purée de mandarine et des graines de coriandre. Fraîche, vive, un peu frondeuse.
À table : un plat au curry. Ou tout bêtement une tranche de pain d’épices.



Perle Noël, 6,8 %
Brasserie Perle, Strasbourg
Pain d’épices et caramel en tête, puis une amertume fruitée qui vient tout équilibrer. Ronde, harmonieuse. Derrière, des malts caramélisés, une fermentation haute et un mélange d’épices dosé avec doigté. La compagne idéale des longues soirées d’hiver.
À table : une entrée à base de foie gras.
Le nord du Bas-Rhin
Meteor Noël, 5,8 %
Brasserie Meteor, Hochfelden
Une robe ambre, une mousse onctueuse et un nez déjà bien parfumé. En bouche, la recette joue la carte fruitée et gourmande, avec des agrumes et des épices qui vous ramènent direct aux Noëls de votre enfance. Ceux dont on se souvient.
À table : un canard à l’orange. Évidemment.
Licorne Noël, 5,8 %
Brasserie Licorne, Saverne
Une ambrée à l’amertume discrète, avec des notes caramélisées et juste ce qu’il faut d’épices pour sentir la fin d’année.
À table : un magret de canard aux mirabelles. Et pour finir, un streusel aux quetsches.



Le long du piémont
Stamm Noël, 6,2 %
Brasserie Stamm, Mutzig
L’idée est maligne : elle est brassée avec le mélange d’épices de Fortwenger. Oui, celui du pain d’épices. Résultat, du miel, du caramel, de la cannelle, des fruits confits, et ce goût d’enfance qui vous prend par surprise. Ambrée, douce sans être sucrée. Comme le dit la brasserie, on aime tous revenir aux choses simples, parfois.
À table : un agneau aux fruits confits. Et une assiette de bredele, naturlii.
Tigre Bock de Noël, 5,5 %
Brasseries Kronenbourg, Obernai
Moelleuse. Des fruits macérés, du caramel, une pointe de miel et d’épices. Une amertume fine referme le tout proprement.
À table : du foie gras sur pain d’épices. Puis une tarte tatin ou une crème brûlée.
Saint-Pierre Noël, 6 %
Brasserie Saint-Pierre, Saint-Pierre
Ici, on ne fait pas dans la demi-mesure. Des malts corsés, des houblons alsaciens puissants, des épices de Noël qui s’affirment franchement. Une bière généreuse, sans complexe.
À table : une terrine de foie gras, ou un pavé de saumon laqué à la bière.
Hiver, 5,5 %
Brasserie L’altruiste, Dambach-la-Ville
Inspirée d’une ambrée douce et gourmande. Ses notes de pain grillé s’entendent à merveille avec les épices de Noël. Chaleureuse, festive, sans chichi.
À table : un effiloché de porc à la bière.
Côté Haut-Rhin
Brau de Noël, 6,5 %
Brasserie du Vignoble, Ribeauvillé
Une ambrée gourmande qui sent les fruits confits et le biscuit torréfié. La cannelle, infusée pendant le brassage, arrive en douceur, sans jamais prendre toute la place.
À table : un comté fruité. Ou quelques toasts de foie gras.
Suff Bier de Noël, 5 %
Brasserie Suff Bier, Obersaasheim
Robe ambrée aux reflets rouges, mousse qui tient bien. Au nez, le malt caramélisé et les épices se partagent la vedette. En bouche, elle est ronde : la cannelle ouvre le bal, puis le caramel et le miel prennent le relais.
À table : une carbonade alsacienne. Ou un foie gras en croûte de sésame.
Meidla Noël, 6 %
Brasserie St Alphonse, Vogelgrun
Rouge-ambrée, brassée avec des malts spéciaux dont le touraillage libère des arômes fins et délicats. Les épices ? Secret maison, on n’en saura pas plus. Les houblons Saaz et Elixir lui donnent une amertume douce et une belle longueur.
À table : un dessert au chocolat noir. Ou des fruits : abricots, cerises, poires.
Winààchtsmuessli, 7 %
Brasserie Taal, Wihr-au-Val
Ni cannelle, ni anis, ni orange. Aucune épice. La brasserie Taal prend tout le monde à contrepied avec un assemblage de céréales franchement gourmand et une levure d’abbaye bien poivrée. Onctueuse, chaleureuse, relevée. Et une robe lumineuse aux reflets dorés qui fait plaisir à voir.
À table : Winààchtsbredele et Chreschtstolla.
Alors, laquelle ?
Toutes, pardi. Pas le même soir, bien sûr, avec modération toujours ! Mais d’ici la Saint-Sylvestre, on a le temps de faire le tour.

Une pour le marché de Noël, une pour le foie gras, une pour le dessert, une pour la veillée au coin du feu. Treize brassins, treize façons de raconter Noël en Alsace. À vous de choisir votre préférée, et de défendre votre choix au prochain repas de famille.
E güeter Appetit, et joyeuses fêtes. Noël peur arriver !
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

