31 août 2020

Le Hohneck, rencontre au sommet entre l’Alsace et la Lorraine

Dans les lieux de randonnée à découvrir proposée dans l’application Made in Alsace, nous revenons sur le Hohneck. Nous voilà dans ce massif des Vosges entre les deux régions, sur ces sommets les plus hauts ou presque. Songez qu’on y allait souvent en excursion, qu’il y avait même un tramway depuis Gérardmer.

3ème sommet des Vosges, il est un lieu qui mélange naturellement légendes et histoires avant de devenir le lieu de randonnée qu’il est aujourd’hui. Comme souvent, tout commence par des géants.

Géants et Cosaques

Un géant qui affronta l’esprit de la nature en voulant traverser le massif et qui eut comme secours les nains de la montagne du côté du lac de Fischboedle afin de tracer une voie à l’abri des tempête et colères. On raconte même que, énervé par ce défi, l’esprit de la nature se cache depuis autour des pics des Spitzkoepfe, ne manifestant sa colère que par quelques orages et éclairs de tonnerre.

Histoire ou légende se mélange encore pour nous avertir des risques de la flore et de la colère des femmes et des hommes, nous mettant en alerte face à l’Aconit, une fleur des lieux.

On raconte ainsi que pendant l’invasion de 1814, un détachement de cosaques aurait pillé la cabane du charbonnier des lieux, tuant sa mère et ses trois enfants.

« En rentrant avec sa femme et, voyant à son retour, les siens tués et la cabane ruinée, il voulut se venger et sauta sur son fusil. Laisse faire, lui dit sa femme : ils sont trop, tu ne pourras en tuer qu’un et les autres te tueront à ton tour. Laisse-moi faire, et pendant que tu enterreras ma mère et nos enfants, je me vengerai.

L’homme écouta. Elle descendit dans les escarpements, cueillit de l’Aconit, le mélangea à quelques légumes échappés au pillage, puis alla s’offrir comme cuisinière au camp ennemi. Elle fut acceptée, prépara le souper et versa dans la marmite les légumes qu’elle avait apportés et s’esquiva.

Le lendemain, au point du jour, elle conduisit son mari sur la montagne; tous les cosaques étaient morts, leurs cadavres étaient raidis par la gelée et gisants sur le sol ». Un texte lu ici et que l’on retrouve aussi sur le site Rando Alsace.

L’Histoire aussi

Mais comme tous les hauts points stratégiques, c’est l’Histoire, la vraie qui donne rendez-vous sur ces lieux. Et c’est l’armée d’Afrique qui y mène en hiver 1944, un combat héroïque auquel une stèle rend hommage aujourd’hui. La 1ère compagnie du capitaine Lartigau du 4ème RTT y résiste alors contre l’ennemi. Ils se battent jusqu’à leur dernière cartouche et finissent dans la neige, au corps à corps…

Difficile d’imaginer dans un si beau paysage aujourd’hui que parfois le sang ait pu y couler. Mais c’est aussi cela, le devoir de mémoire et l’impératif de découverte d’une région qui cache beauté et secrets, parfois aux mêmes endroits.