8 février 2019

Histoire de Bretzel : Une gourmandise Made in Alsace ?

Bretzel : Une gourmandise Made in Alsace ? Avec un B comme Bretzel ! Dans le dictionnaire amoureux et symbolique de l’Alsace, le Bretzel a sa place de choix ! On commencera par la recette puis par l’orthographe. Chez Made in Alsace, on dit « le bretzel » !

« E Bretschdel » dit-on en Alsacien ! On rajoute des « a » dans le Haut-Rhin. Maintenant plongeons dans l’Histoire. Cette pâtisserie est typique de l’Alsace, de l’Allemagne du Sud, de l’Autriche et de la Suisse alémanique… Son nom viendrait du latin « brachitella », lui-même dérivé du mot bracchium et du grec  βραχίων, brakhíôn …

Une première histoire ferait remonter son origine vers 610 ! Là, un moine italien aurait conçu un pain en s’inspirant de la posture de ses condisciples les bras croisés… Il en fera un pain pour les uns, un petit gâteau pour les jeunes élèves du séminaire pour les autres…

Le bretzel est aussi le symbole de la corporation des boulangers … Le lion rampant tenant un bretzel l’incarne ainsi… L’armoirie est-elle liée au siège de Vienne comme l’évoquent certains ? On prétend que l’armoirie rendrait hommage aux boulangers et « faiseurs de bretzels » qui auraient alerté la population de Vienne des attaques turques.

 

Le jardins des Délices

En Alsace, le bretzel apparait sur une table de l’Hortus Deliciarium. Nous voilà dans l’une des plus belles encyclopédies chrétiennes réalisée entre 1159 et 1173 au couvent du mont Sainte-Odile par l’abbesse Herrade de Landsberg et ses moniales. Esther est à table avec le roi Assuérus (Esther, 7, 1-3), une table sur laquelle trône un bretzel… Notons qu’une illustration présente un Bretzel à la table du Roi Salomon lors de la visite de la Reine de Saba… Nous voilà presque 3000 ans en arrière ! 

 

En savoir plus 

Nous voilà loin de la « légende officielle » … En Suisse pour les uns, en Alsace naturellement pour nous. Nous voilà entre Ingwiller et Bouxwiller … Au pays de Hanau en tout cas ! 

Ingwiller, berceau du Bretzel ?

« Un boulanger de la cour, originaire de Bouxwiller, se serait fait emprisonner par le roi après avoir mal cuit son pain. Il risquait d’être exécuté. Cependant, la femme du boulanger aurait supplié le roi de laisser à son homme une ultime chance. Ainsi, le roi lui aurait imposé cet ultimatum : le boulanger serait sauvé s’il inventait un pain « au travers duquel le Soleil brillerait trois fois ».

S’inspirant de la posture de prière de son épouse, il croisa les deux extrémités d’un ruban de pâte, pour reproduire la posture qu’avait adoptée sa femme, formant ainsi trois trous, à travers lesquels le Soleil pouvait briller trois fois…

Au moment d’enfourner les « bretzels », un chat fit tomber la plaque dans de la saumure… N’ayant plus de temps pour repétrir et cuir, le boulanger enfourna les bretzels et les présenta au roi qui tomba sous le charme.

Un pain de Carême …

Une autre piste encore en fait une alternative au « Prett », à la viande de venaison. Ce que l’on « stell » à la place du Brett, le fameux wildprett. On le retrouve donc en Flandres sur un tableau de de Brueghel l’Ancien, La lutte entre Carnaval et Carême (1559).

Par Pieter Brueghel l’AncienTravail personnel Yelkrokoyade Prise le 13 juillet 2012, Domaine public, Lien 

Entre Mardi Gras et Mercredi des Cendres, le Carême s’installait. Les bouchers partaient chercher les bêtes à l’hivernage et ce pain était ce qui restait à manger …

On arrête là l’Histoire mais on imagine qu’à force d’avoir entendu parler de Bretzel, là, vous en croqueriez bien, non ?

Made in Alsace (c)