Made In Alsace

28 février 2023

Pascklin, peintre et artiste libre et d’Alsace

Pascklin ! Artiste, peintre, illustrateur… Ces dessins et toiles ne laissent pas indifférents. L’homme est ancré dans sa région, l’Alsace. Ses personnages sont libres et ne laissent personne indifférent. Voilà pourquoi on a interrogé cet artiste « Made in Alsace ».

Ce qui touche à l’Alsace

Made in Alsace :  Pascklin, le nom parle aux amoureux d’Alsace et de créativité. Mais entre nous, c’est qui Pascklin ?

Pascklin :  Je me consacre à la peinture et l’illustration depuis plus de 40 ans. Je vis et travaille à Geispolsheim. L’ensemble de mon travail est influencé par ce qui touche à l’Alsace, s’inspire d’elle et tout ce qu’elle stimule.

J’ai mis une quinzaine d’année à trouver ma voie, période pendant laquelle j’ai peint du paysage, des natures mortes, des personnages… et puis une succession d’évènements ont fait que je me suis orienté vers une thématique qui ne m’a plus quittée depuis 30 ans.

Je suis profondément attaché à ma région, et travailler sur cette thématique s’est fait très naturellement, presque instinctivement au départ.

J’ai bien sûr réfléchi à deux fois avant de m’orienter exclusivement sur ce chemin. Au début je ne savais pas combien de temps j’aurais des choses à dire. Mais j’ai été assez bavard et je n’ai de loin pas terminé de l’être.

Universels et intemporels

Made in Alsace :  Vos personnages ont leur univers. On les reconnait de loin. Comment sont-ils nés ?

Pascklin :  La question que l’on me pose le plus souvent est « pourquoi vos personnages n’ont pas de visage ». Il y a des personnes que cela dérange, d’autres que cela interpelle et d’autres qui y trouvent comme moi-même rapidement une évidence.

Cela s’est tout de suite imposé à moi. Mes personnages sont sans visage car je ne peins pas des individus en particulier. Ce sont des personnes qu’on n’a pas connues mais qu’on aurait aimé connaître.

Comme ils n’ont pas d’expression de visage, il a fallu que le langage de la physionomie soit exprimé par des gestes, des attitudes, des postures. Cela peut-être un port de tête, la position des mains, une attitude dans le couple, des interactions entre les personnages.

Mes personnages sont ainsi universels et intemporels.

Dès le départ j’ai voulu qu’ils ne puissent pas être revendiqués d’une quelconque confrérie de la coiffe, ni d’un village.

C’est pour cela que je leur ai donné un costume qui m’était propre.

Ils ont bien entendu beaucoup évolué. C’est normal. Pendant toutes ces années j’ai beaucoup dessiné, mon trait s’est affirmé.

J’ai toujours eu pour obsession de simplifier le dessin, d’éliminer ce qui est inutile, de me recentrer sur les lignes essentielles.

C’est aussi pour cela qu’il y a peu d’objets ou d’accessoires.

Dans les dernières peintures, ce sont même leurs couleurs qui ont disparues. Les fonds traversent les personnages et je ne conserve que les lignes, qui parfois elles aussi disparaissent si ce qui peut être dit sans elles est pertinent.

Ce qui m’intéresse c’est peindre l’instant. Celui qui nous fait penser à ce qui vient de se passer, ou à ce qui va arriver.

Une Alsace faite d’impressions fugaces, de sentiments effacés

Made in Alsace : L’Alsace est omniprésente dans chacune de vos créations. Parlons-en … Elle vous inspire, mais c’est quoi l’Alsace de Pascklin ?

Pascklin :  J’essaye de peindre des souvenirs, qui peuvent être ceux de chacun d’entre nous. Ce sont ceux d’une Alsace fantasmée enfuie au plus profond de la mémoire collective. Elle est faite d’impressions fugaces, de sentiments effacés. C’est l’Alsace que l’on aurait voulu connaître, c’est l’Alsace d’un passé que l’on regarde avec les yeux d’aujourd’hui.

L’Alsace ne pourra jamais faire table rase de son histoire. Elle marquera à jamais le caractère fort des lieux et des habitants. J’ai beaucoup dessiné sur ces valeurs avec notamment d’innombrables illustrations militantes.

Mais dans ma peinture, c’est autre chose. Il y a plus de quiétude, d’harmonie et de tendresse. Mon univers pictural est composé d’images qui accompagnent leurs acquéreurs au quotidien.

J’ai un leitmotiv. Le blanc et le noir.

Initialement, pour moi ces deux couleurs devaient représenter les périodes sombres et les périodes fastes de l’Alsace.

Aujourd’hui l’utilisation systématique de ces deux couleurs et leur positionnement est un jeu musical visuel, elles donnent un rythme de lecture à mes peintures.

Le placement des blanc et des noirs organise le reste de la composition, c’est souvent un préalable.

C’est une des clefs de lecture de mon travail. « L’Alsace de Pascklin » est entière, tranchée, blanche ou noire. Comme le sont les alsaciens.

Made in Alsace : Vous avez un atelier du côté de Geispolsheim. Il se visite ?

Pascklin :  Oui bien sûr. Tous les jours sur rendez-vous. Tous les dimanches et jours fériés du mois de novembre lors de mes Portes Ouvertes que j’organise depuis plus de 20 ans.

Dans l’atelier de Pascklin…

J’affectionne ce moment très particulier pendant lequel je reçois les visiteurs dans mon atelier. J’ai le temps de leur monter mon univers et d’expliquer ma manière de travailler.

L’atelier de Pascklin

Je peins essentiellement à l’huile, avec des peintures que je fabrique moi-même à partir de pigments. J’ai élaboré, il y a maintenant plus de 40 ans, un liant qui me donne une grande latitude dans les mélanges et dans leur fluidité. Je peins beaucoup en glacis successifs en privilégiant toujours leur transparence.

Les visiteurs adorent regarder ma palette de couleurs. Ce sont des dizaines de pigments qui se côtoient et qui n’attendent que mon pinceau pour se mélanger.

Made in Alsace : Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de vos œuvres ?

Pascklin : Je peins des images à vivre.

Lorsque que l’on accroche un tableau chez soi, on s’apprête à vivre au quotidien avec lui. Il participera à l’ambiance de l’endroit où il est accroché, à l’humeur de celui qui le regardera. Il fera peut-être débat.

Il ne faut pas que tout soit dit tout de suite, il faut que chaque jour le regard que l’on pose sur lui révèle quelque chose, autre chose. Mon tableau sera un compagnon de route pour son propriétaire. Et même si le regard qui est posé sur lui n’est pas attentif, l’impression muette et fugace qu’il laissera, accompagnera la personne dans sa journée.

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