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1 mars 2021

Napoléon Bonaparte étudiant à Strasbourg ?

L’idée nous plait, à Made in Alsace, de tirer des ficelles et de les relier à l’Histoire. Napoléon Bonaparte fut-il étudiant à Strasbourg, certains en sont sûrs. On remonte le temps et on se dit que celui qui doit beaucoup à de nombreux alsaciens état sans doute de passage chez nous. Etudiant, quoi !  

La recherche commence naturellement par les propos de Metternich.

Klemens Wenzel, comte et enfin second prince de Metternich-Winneburg-Beilstein fera ses études à Strasbourg. Il fréquente la Faculté de Droit de la capitale rhénane. Le diplomate des guerres napoléoniennes sera plus tard l’amant de Caroline, la sœur de Napoléon. Mais nous n’en sommes pas là.

« À l’université de Strasbourg, il a fréquenté surtout les fils des grands seigneurs slaves, scandinaves et hollandais, attirés comme leurs camarades allemands par la culture française, entendue dans le sens le plus universel » lit-on dans le Monde Diplomatique.

Arrivant à Strasbourg, il écrit :  « Lorsque j’arrivai à Strasbourg (dans l’été de 1788), dit M. de Metternich, le jeune Napoléon Bonaparte venait de quitter cette ville. Il y avait fini ses études spéciales comme officier au régiment d’artillerie qui y était en garnison. J’eus les mêmes professeurs de mathématiques et d’escrime que lui. Le professeur d’escrime, un M. Justet, vint me voir à Strasbourg en 1806 et me dit : N’est-ce pas un singulier hasard qui m’a appelé à vous donner des leçons d’escrime peu de temps après en avoir donné à Napoléon ? » ( Mémoire de Metternich).

Le lieutenant Napoleon Bonaparte étudiant à Strasbourg

On prête même au jeune Lieutenant Bonaparte d’avoir adressé un « madrigal » à une actrice séjournant à Strasbourg : « Romains, qui vous vantez d’une illustre origine, Voyez d’où dépendait votre empire naissant, Didon n’a pas d’attrait assez puissant Pour retarder la fuite où son amant s’obstine, Mais si l’autre Didon, ornement de ces lieux, Eût été reine de Carthage, Il eût pour la servir abandonné ses Dieux Et votre beau pays serait encore sauvage ».

Les liens entre Napoléon et la famille de Mme d’Abrantès sont connus. Le passage strasbourgeois du Lieutenant est plus flou. Fréquente-t-il l’université, son école diplomatique ?

Metternich se serait-il trompé ?

La présence de celui qui n’est alors que jeune lieutenant n’est pas souvent évoquée si ce n’est dans l’ouvrage de l’Historien Georges Parizet : «  Le lieutenant Napoleon Bonaparte étudiant à Strasbourg»…  Louis Grucker, pasteur d’Entzheim ne relate-t-il pas : qu’un après-midi de semaine d’été, à la fin de la leçon du professeur Lorentz, il avait tellement de fourmis dans le pied qu’il ne pouvait plus s’en aller et que la même aventure survint aussi à un autre étudiant lequel n’était autre que « Buonaparte Napoléon ».

On continuera de tirer le fil du passage du jeune Bonaparte à Strasbourg en déchiffrant le livre de Parizet.

Napoléon et l’Alsace

 De nombreux liens relient cependant l’Alsace à l’Empereur. On citerait bien le Pavillon Joséphine, de nombreux passages de Napoléon à Strasbourg : « en 1805, par exemple – sympathique cadeau à Napoléon que le Palais des Rohan lors de cette visite ! –, en 1806 – édification d’un arc de triomphe pour son passage lors de son retour d’Austerlitz – en 1809 encore » mentionnent certains experts.

Jean Guerin: General Jean Baptiste Kleber. NMB 204

On rajoutera naturellement l’ensemble des généraux alsaciens qui ont pris part au mythe napoléonien. Ceux à qui certains reprochaient de parler « allemand » et donc auxquels Napoléon 1er répondait « Qu’importe leur patois alsacien ; ils se chargent en français !” 

Alors, Napoléon étudiant à Strasbourg. Nous rouvrons le “cold case” en souhaitant que le bicentenaire de sa mort soit l’occasion de le redécouvrir et de le fêter, à Strasbourg, en Alsace. On vous parlera aussi un jour du Général Kléber, cet alsacien qui aurait pu finir empereur…