John Howe, du fantastique Seigneur des Anneaux aux Portes du Temps

John Howe… Au prononcé de ce nom, les yeux des initiés scintillent. John Howe, c’est l’illustrateur que l’on relie au Seigneur des Anneaux. On en oublierait l’élève de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg pour en retenir ce “guide” qui nous fait voir le médiéval et le fantastiques à travers ses yeux et qui nous ouvre, en ce moment Les Portes du Temps, une quête vers les non moins précieux châteaux rhénans.

Un entretien exclusif pour Made in Alsace avec un amoureux de notre “Comté”, l’Alsace.

Photo  © : Fataneh Howe

Tout ce qui était ancien m’était nouveau

John Howe, comment un canadien comme vous arrive en Alsace ? Quelles sont vos premières découvertes ?

John Howe : Les choses faciles en premier, mais un peu tout ! La cathédrale m’a évidemment beaucoup impressionnée, mais dans l’ensemble tout ce qui était ancien m’était nouveau.

On vous découvre, enfin nous, avec l’album « Cathédrale ». Parlez-nous de votre cathédrale de Strasbourg ?

La cathédrale de Strasbourg : un livre vertical en grès rose

John Howe : J’ai eu le grand privilège d’y passer beaucoup de temps, c’est une forêt de pierre, ou peut-être un livre vertical en grès rose, que l’on lit au gré des escaliers et des passerelles.

C’est vertigineux mais néanmoins chaque pierre taillée, posée et scellée en place port la trace d’une main d’ouvrier ou de tailleur.

Une image puisée dans l’album “Cathédrale” de John Howe – Edition de la Nuée Bleue

Rien que la prouesse technique coupe le souffle, sans parler de la beauté des sculptures et des entrelacs gothiques. C’est prodigieux et poétique.

On connait votre passion pour le Haut-Koenigsbourg. Quel est votre regard sur ce vaisseau de pierre ?

John Howe : Comme je ne connaissais rien, j’ai d’abord cru que c’était un véritable château médiéval, avant de comprendre que c’est plutôt un château rêvé.

Le Haut-Koenisgbourg, un château rêvé

Sans aller dans le grand débat sur la reconstitution, c’est l’idée même que l’on se faisait du château idéal, donc il est à la fois un décor et un archétype. Il est à la fois faux et plus vrai que vrai. Depuis, évidemment, j’ai fait la part des choses, mais ces entrelacs d’histoire archéologique et d’histoire rêvée me plait toujours.

Et comme le château a plus d’un siècle à présent, il est aussi entré pleinement dans l’histoire, en tant que témoin de son temps d’origine et de l’époque de sa reconstruction. En plus, je suis un grand admirateur du formidable et tragique peintre alsacien Léo Schnug, alors c’est vraiment un château rêvé.

Naturellement, on connaît votre immense travail autour du Seigneur des Anneaux et de l’œuvre de Tolkien. Quels souvenirs en gardez-vous ? L’Alsace aurait-elle pu faire une autre « Comté » ?

John Howe : Si les hobbits étaient un peu plus vignerons, peut-être ! Il y a des lieux en Alsace néanmoins qui font écho au pays de Bilbo, mais plutôt par l’harmonie de l’œuvre de l’homme – coteaux, villages – et le paysage lui-même, qui est sans dissonance, le fruit d’une longue occupation et des ambitions humbles.

Je garde un excellent souvenir du temps passé en Nouvelle-Zélande pour les deux trilogies, et récemment encore pour un autre projet de film.

C’est un pays formidable. Les paysages de là-bas m’ont souvent servi pour la peinture, notamment pour les illustrations de Histoires Inachevées, qui est sorti le mois dernier.

Quand John Howe ouvre Les Portes du Temps en Alsace

Quelle est votre actualité aujourd’hui ?

John Howe : Je travaille actuellement deux projets de livres (écriture et illustrations). Je continue à travailler pour le cinéma, et j’enseigne une demi-journée par semaine.

Nous sommes en train de produire aussi sur des statuettes basées sur mes peintures sur le thème de la Terre du Milieu ; la première, le Roi Sorcier d’Angmar est sorti il y a peu. (Si vous l’avez raté, c’est parce que la mise en prévente a duré une seconde toute au plus.)

Je collabore également avec une maison horlogère suisse, sans parler du projet Les Portes Du Temps en Alsace.

Ce dernier me tient beaucoup à cœur. Je redécouvre des lieux que je croyais connaître, et j’ai l’honneur de rencontrer des gens passionnants et passionnés.

C’est un projet qui est destiné à durer, et construit de tel manière à que l’on puisse augmenter l’offre et l’information au fur et à mesure. Sinon, quand j’ai un peu de temps en dehors des commandes, je peins.

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