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26 février 2009

‹‹ Etre bi ››, pour ou contre ? – L’Alsace et le bi-linguisme

Bilinguisme-alsace « L’avantage d’être bi-lingue, c’est qu’on peut dire deux fois plus de conneries ! »… Brad Wurscht se retrouve dans cette déclaration de l’incontournable Roger Siffer, il aime aussi l’image de cet enfant dessiné par Tomi Ungerer, pouvant manger deux fois plus de glace car il dispose de deux langues . Là, autour du stammtisch, l’équipe refait le monde… Bon alors cette Alsace, elle doit être bi-lingue ou pas ?

J’aime l’alsace mais je parle pas alsacien, c’est grave Docteur ?

Un peu pompier pyromane, c’est Fabien qui s’y colle « Moi j’aime l’Alsace, je suis alsacien et fier de l’être ; pour son histoire, ses valeurs, ses paysages, sa gastronomie. Cependant, je ne parle pas le dialecte et parfois, j’ai l’impression pour certains de « ne pas être un vrai ».

Façon « huile sur le feu », Brad rajoute « C’est vrai cela, y’a des vrais et des faux » ? « Attends, répond Jean-François, il faut dépasser cela, moi, mon père changea trois fois de nationalité sans quitter l’Alsace. L’histoire de la région n’est pas un long fleuve tranquille. En tout cas, aujourd’hui mes enfants sont en classe bilingue ».

« Oui, répond Val. Mais cela, on ne peut pas le comprendre en arrivant et si on ne nous l’explique pas. Ma rencontre avec l’alsacien fut un grand moment. Dans un supermarché, la caissière m’a interpellé en alsacien. Venant de l’intérieur, je me suis demandé comme j’allais alors régler des courses sans Deutsch Mark. Je croyais sincèrement être en Allemagne et cela a généré la colère de mon interlocutrice ». Depuis et même si elle ne connaît que quelques expressions alsaciennes, Valérie fait à son niveau, beaucoup pour faire connaître l’Alsace.

Le bilinguisme, c’est pas Corse, mais cela reste un sujet explosif

Autour du stammtisch, on sourit. Stéphane veut que l’on aille plus loin que l’anecdote. Il évoque les atouts de la langue. Leila prend la parole : « Si l’on m’avait posé cette question il y a deux ans… La question du bilinguisme n’aurait pas éveillé grand-chose en moi… une réponse théorique, désincarnée. Mais aujourd’hui, sortie de l’Intérieur… arrivée en Alsace… cette question prend un autre sens pour l’alsacien… C’est une affaire de famille… d’enfance… de parents… d’intimité… de cellule familiale… c’est le parler du foyer… dans la bouche de ma belle-mère, par exemple, c’est une langue faite de douceurs, de mots qui caressent, qui cajolent ».

D’accord dit Fabien, mais « l’alsacien est-il vraiment un dialecte tourné vers le futur, ou qu’une langue pour les personnes tournées vers leur passé ? ». Jeff est affirmatif : « Le bilinguisme prépare l’Europe de demain ». Robert Friedrich taperait presque du poing sur la table : « Mais ici, précise-t-il, quand on se demande s’il faut être bilingue, cela cache en réalité une tout autre question : les alsaciens sont-ils fondés à parler leur dialecte ? Eh bien curieusement, cela semble poser problème… l’alsacien n’est-il pas… ringard ?… n’est-il pas une trace du passé qui empêche notre région de se tourner vers l’avenir ?… n’empêche-t-il pas de parler correctement français… On ne demande pas cela aux Catalans, aux Tyroliens, aux Parisiens ! »
Pragmatique, Anne s’explique. Pour elle, on n’en est plus au bilinguisme, mais au plurilinguisme. L’avenir passe par la maitrisede deux, voire plusieurs langues sur lemarché du travail. L’alsacien peut ainsi trouver sa place pour faciliter l’apprentissage et le réflexe multilingue.
Pour notre maquettiste, « L’alsacien qui devrait être le langage naturel en Alsace est étouffé par l’éducation nationale. En Irlande, le Gaélique est enseigné à l’école ! Ici, on murmure, on blague en Alsacien, mais on ne vit pas assez en Alsacien ».
C’est à Brad qui n’a pas ses deux langues dans sa poche de conclure. « Jo, jo, on parledu bilinguisme et l’on finit à trois. Ici, lorsquel’on parle bilinguisme on pense trilinguisme. D’ailleurs, c’est un peu toute l’histoire de l’Alsace. L’Alsacien se croit seul, mais y’a toujours eu un Français ou un Allemand pour s’inviter chez lui ».

Mit und Ohne ?

« Oui, Mais il ne suffit pas de parler alsacien pour aimer l’Alsace et je suis certain de faire plus de chose pour cette région que la plupart des dialectophones » précise l’un des intervenants. Là, le débat est relancé… « À quand une Enquête Corse ou un Bienvenue chez les Ch’tis tournés en Alsace » dit un autre.

C’est sans doute l’amour de l’Alsace qui justifie cette passion autour du bilinguisme. D’un côté, il faut laisser certains redde wie d’r de Schnawel gewachse esch, parler comme le bec leur a poussé et permettre à leurs enfants de le faire. De l’autre, ce sont des perspectives à la fois européennes et rhénanes qu’il faut dessiner.

Quant à agir et défendre une Alsace, tournée vers le futur, c’est un peu comme une spécialité alsacienne – mit oder ohne (bilinguisme). Il y en a qui vous diront que c’est mieux avec, d’autres sans et même certains qui rajouteront du citron. Et vous, e bilinguisme ?

Le débat se poursuit avec votre opinion !

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