9 novembre 2019

Couloirs du temps: 3 portes qui ont traversé les siècles !

Vous l’attendiez avec impatience, voici le nouveau reportage historico-insolite de la série “Les Couloirs du Temps” de l’auteur des livres-guides du même nom… Paul-André BECHLER nous emmène cette fois sur les traces de portes ancestrales qui ont traversé les siècles !

C’est après avoir obtenu le statut de ville d’empire en 1312, que Turckheim construisit son mur d’enceinte dont la forme est triangulaire et comprend trois portes et quatorze tours.

Ces trois portes subsistent encore de nos jours : la Porte de France, la Porte du Brand et la Porte de Munster. Elles sont disposées au Sud, à l’Est et à l’Ouest.

La Porte de France

La « Porte de France » aussi appelée « Untertor » (Porte basse) ou encore « Porte de Colmar ». Elle fut construite, comme les trois autres portes, en 1315.

Elle possède deux arcs brisés gothiques. Sa façade Sud était autrefois dotée d’une herse. On peut encore distinguer les rails de pierre dans laquelle elle coulissait. Un pont-levis permettait de pénétrer à l’intérieur de la ville, enjambant le fossé rempli d’eau coulant le long de l’enceinte.

En 1580, on rehaussa la porte pour y aménager les logis du gardien et du « Reichsweibel » (Messager impérial). Notez que cette modification apparaît clairement sur la face intérieure de la porte, là où apparaissent les colombages.

Juste au-dessus de l’arc de la porte, vous trouverez une reproduction des armoiries de la ville telles qu’elles furent officialisées par une ordonnance de Louis XIV, datée du 22 novembre 1697.

La Porte du Brand

Voici la seconde des trois portes édifiées la même année, la « Porte du Brand ». Elle fut également connue sous l’appellation « Mocheltor ou Oeltor ». Il s’agit d’une tour massive du plus pur style gothique. En les édifiant, on privilégiait le caractère défensif plutôt que l’aspect esthétique.

Une énorme bouche grimaçante, la « Gorgone » est incrustée dans la façade. Il s’agit d’une figure effrayante chargée de repousser les éventuels ennemis ou rôdeurs.

Cette porte n’était ouverte qu’à certaines époques de l’année, lorsque les viticulteurs avaient besoin d’accéder à leurs ter

res, pour la taille des vignes ou lors des vendanges.

Deux portes, l’une intérieure, l’autre extérieure permettaient un meilleur contrôle des passages.

A l’intérieur, on aperçoit encore l’emplacement des gonds sur lesquels pivotaient les lourds battants de la porte ainsi que les glissières dans lesquelles coulissait l’énorme herse en fer.

La porte était en outre dotée d’un pont-levis permettant de franchir le fossé rempli d’eau. En 1550 il fut remplacé par un petit pont de pierre. Une lourde herse fermait l’accès au pont-levis qui enjambait le fossé rempli d’eau.

La « Porte de Munster »

Parlons maintenant de la troisième porte, la « Porte de Munster » ou encore « Obertor » (Porte supérieure).

Sur la façade intérieure de la tour, apparaîssent deux fenêtres décorées de coquilles Saint-Jacques ce qui signifier que Turckheim servit durant un certain temps de ville étape pour ceux qui faisaient le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela, ville espagnole située dans La Corogne ).

Au sommet de la tour se détache la « Sturmglock » (Cloche de la tempête).

La cloche fut appelée ainsi parce qu’elle servait à avertir les habitants de la venue d’un orage ou d’un danger immédiat. En effet, lorsque le vent soufflait de l’Ouest il emportait avec lui le son vers l’intérieur de la ville parvenant ainsi plus facilement aux oreilles des habitants.

Les Couloirs du Temps, c’est la nouvelle série d’articles dédiée aux histoires insolites et lieux uniques à découvrir en Alsace… écrite par Paul-André BECHLER, auteur des livres-guides disponibles sur le site.