Salut, je suis Morpho, je suis un morpho aussi. Vous savez, ce grand papillon bleu qui fait lever les têtes et sortir les téléphones. Je vis au Jardin des Papillons de Hunawihr, entre les vignes et le village, et j’ai décidé de vous raconter ma vie.

Un Morpho bleu au cœur de l’Alsace
Ma famille vient d’Amérique du Sud, des forêts humides où il pleut plus qu’à Strasbourg en novembre. Ici, on a recréé notre climat sous une grande serre.
Chaud, moite, vert. Mon bleu, je ne le porte pas vraiment.


Savais-tu que sont les minuscules écailles de mes ailes qui jouent avec la lumière. Quand je les referme, je deviens brun, tacheté d’yeux ronds.
Une feuille morte. Eh oui, camouflage !
Naître dans la serre tropicale de Hunawihr
Avant de voler, j’ai passé des jours enfermés dans une chrysalide verte, pendue à une tige. Puis un matin, tout craque.
On sort froissés, maladroits, les ailes molles comme du papier mouillé. Il faut attendre qu’elles sèchent.
Dans la serre, les visiteurs, toi, tes parents pouvaient voir ces naissances de près. Certains restent là un long moment sans rien dire. Je les comprends.
Moi aussi, la première fois que j’ai vu un cousin éclore, j’ai trouvé ça magique.
Le quotidien des papillons, entre fruits mûrs et soleil
Ma journée est simple. Je cherche un rayon de soleil pour me réchauffer. Je mange. Pas tellement de fleurs, à vrai dire. Je préfère les fruits bien mûrs que les soigneurs déposent pour nous, une orange ouverte, une banane qui a un peu trop attendu.

Je surveille les autres mâles. Je cherche une copine. Et je me repose, ailes fermées, pour qu’on me laisse tranquille. Trois semaines de vie, un mois si tout va bien, c’est intense. Pas le temps de s’ennuyer.
Visiter le Jardin des Papillons à l’automne
Mon conseil ? Viens en automne.

Dehors, les vendanges sont finies, les collines de Hunawihr rougissent, l’air sent le moût et la feuille humide. Dans la serre, il fait toujours bon.
Il y a moins de monde, on prend le temps. Et les dernières naissances de la saison ont un goût particulier.
« Posez » votre voiture sur le parking, entrez sans bruit et levez les yeux.
Et si un éclair bleu passe au-dessus de vous, c’est peut-être moi. Ou mon petit frère, qui aura pris la relève.

