À Epfig, il y a une maison qui sent le vin depuis 1890. Pas au sens figuré : le domaine Ostertag Hurlimann existe littéralement depuis que Georges Ostertag a acheté une parcelle en friche, au lieu-dit Fronholz, sans savoir qu’il posait la première pierre d’une saga familiale.

Cent trente-cinq ans plus tard, ses arrière-arrière-petits-enfants cultivent 18 hectares répartis sur cinq communes du Bas-Rhin. Entre-temps, il y a eu des mariages, des reprises, une polyculture abandonnée au profit du seul raisin, et beaucoup de patience. C’est cette patience-là qu’on retrouve dans le verre, aujourd’hui, à chaque gorgée de Riesling ou de Crémant.
De la friche du Fronholz à la marque Ostertag Hurlimann
L’histoire ne s’écrit pas en ligne droite. Georges Ostertag défriche en 1890. Son fils François Auguste le rejoint en 1918. Puis Justin Ostertag prend le relais avec son épouse Marie Madeleine.
On est encore en pleine polyculture, la vigne n’est qu’une activité parmi d’autres sur l’exploitation. Le domaine grossit doucement, parcelle après parcelle, pour atteindre 4 hectares en 1982.
C’est Jeannine Ostertag qui change la donne. En 1976, elle initie la vente directe. Six ans plus tard, elle sort la première gamme de Crémants du domaine. Et en 1995, quand René Hurlimann la rejoint, les deux noms de famille fusionnent : Ostertag Hurlimann est né. Depuis les années 2000, ce sont Yannick, formé sur le terrain dès son bac pro en poche, et sa sœur Sylvie, œnologue de formation arrivée en 2007, qui font tourner la maison. Deux styles, une même maison.
Trois sols, trois caractères de vin
Ce qui distingue vraiment ce domaine, ce n’est pas tant l’histoire que la géologie. Trois terroirs, trois personnalités bien tranchées.
Le Grand Cru Winzenberg d’abord, sur les hauteurs de Blienschwiller, à 320 mètres. Un sol granitique à deux micas, gorgé de quartz, qui donne des Riesling minéraux et des Gewurztraminer d’une élégance presque déroutante.


Puis le Schieferberg, à Reichsfeld — une terre de schiste vieille de plusieurs millions d’années, parmi les plus anciennes d’Alsace. Ici, la vigne galère un peu pour se nourrir, et c’est tant mieux : elle produit des vins qui mettent du temps à s’ouvrir mais qui vieillissent avec une belle prestance.
Enfin, à deux pas du domaine, le coteau du Fronholz mélange quartz, silice et marnes argileuses. C’est de là que viennent les cuvées “Empreinte de Quartz”, plus épicées, plus solaires.
Une viticulture qui ne joue pas la carte du greenwashing
Le domaine a décroché la certification HVE niveau 3 en 2018, mais un vrai virage vers des pratiques plus respectueuses des sols. La conversion vers le bio a suivi. Rien de spectaculaire, juste un travail de fond mené sans tambour ni trompette.
Passer la porte du domaine, à Epfig
Le domaine reçoit directement au 44 rue Sainte-Marguerite, du lundi au samedi (10h-12h puis 14h-18h) et le dimanche matin, sauf en janvier. On y goûte la Riesling Cuvée Particulière, médaillée d’or Gilbert & Gaillard, ou le Pinot Gris Empreinte de Schiste, plus complexe qu’il n’y paraît. Le domaine sort aussi de ses terres pour quelques salons, histoire de faire voyager un peu l’Alsace.
La web-application Made in Alsace vous emmène à Epfig
Difficile de résumer cent trente ans de vigne en un article. Mais une chose est sûre : chez Ostertag Hurlimann, chaque bouteille raconte un sol, une génération, une manière de faire. Made in Alsace vous conseille d’aller vérifier ça par vous-même, un verre à la main et en amont, la web-application dans l’autre.

