15 août 2026

Musée gallo-romain de Biesheim : un voyage au cœur d’Oedenburg

Publié le 15 août 2026

Il existe un endroit, à Biesheim, où le passé rhénan refait surface à chaque vitrine. Depuis 1990, le musée gallo-romain occupe le rez-de-chaussée du Capitole, un bâtiment contemporain qui tranche volontairement avec ce qu’il abrite.

Ici, on ne parle pas d’histoire ancienne au sens vague du terme, mais d’un site précis, fouillé, documenté : Oedenburg, agglomération gallo-romaine disparue au nord de la commune, un lieu que l’on découvre sans jamais en avoir entendu parler.

Entre légionnaires, dieux importés d’Orient et objets du quotidien, ce petit musée alsacien raconte cinq siècles de présence romaine sur les bords du Rhin.

Un site archéologique de 200 hectares au carrefour du Rhin

Le territoire d’Oedenburg s’étend sur près de 200 hectares, aux marges nord du territoire rauraque, dont Augusta Raurica constituait la capitale.

L’endroit occupe une position stratégique : face à l’oppidum gaulois du Mons Brisiacus, sur un point de franchissement du Rhin, à la croisée de plusieurs voies de communication majeures. Autrement dit, un verrou logistique et militaire de première importance pour l’Empire.

Le potentiel archéologique du lieu a justifié un vaste programme de recherches, mené en collaboration avec les universités de Fribourg-en-Brisgau et de Bâle. Ces fouilles internationales ont permis de reconstituer, couche après couche, l’organisation de l’agglomération antique.

Quatre espaces thématiques pour comprendre la vie à Oedenburg

Le parcours muséographique s’articule autour de quatre grands thèmes, complétés par de nombreux panneaux explicatifs. On y découvre d’abord les origines militaires du site : dès la première décennie de notre ère, un complexe religieux s’élève sur une paléo-île du Rhin, suivi par deux camps légionnaires successifs. Leur abandon, en 75 après J.-C., coïncide avec la conquête des Champs Décumates.

Vient ensuite le volet funéraire, nourri par les fouilles de la nécropole menées en 1983-1987. Reconstitution d’inhumation, urnes cinéraires, sarcophage en grès sculpté : les rites s’y dévoilent avec une précision rare.

La religion occupe une place à part. Les statuettes de Mars, Mercure ou Bacchus côtoient des cultes venus d’Orient, preuve que légionnaires et marchands ramenaient leurs dieux avec leurs bagages.

Enfin, la vie quotidienne clôt le parcours : céramiques, parures, ustensiles de soin, jeux d’enfants racontent un quotidien loin des champs de bataille.

Les pièces qui font la réputation du musée

Trois objets attirent particulièrement l’œil des visiteurs. L’intaille figurant l’empereur Commode terrassant un prince germain, montée plus tard en épingle mérovingienne sertie d’or. Un lingot d’argent en forme de double hache, fabriqué à Naissus (l’actuelle Niš, en Serbie), récompense militaire exceptionnelle. Et une statuette d’Isis-Fortuna en argent doré, témoin discret mais éloquent des échanges spirituels entre Rome et l’Orient.

Informations pratiques pour organiser sa visite du Musée Gallo Romain

Le musée se visite librement en une heure environ, ou en groupe sur réservation. Il est accessible aux personnes à mobilité réduite. Le tarif plein s’élève à 2,50 €, réduit à 1,80 € pour les groupes, et l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les scolaires de l’académie de Strasbourg et le premier dimanche de chaque mois.

Côté horaires : mercredi de 14h à 17h, jeudi de 9h à 12h et de 14h à 17h, vendredi de 14h à 17h, week-end de 13h à 17h. Fermeture les jours fériés alsaciens et du 24 décembre au 1er janvier.

Un conseil : privilégiez le jeudi matin ou le week-end pour profiter d’un créneau plus large, et pensez à réserver si vous venez en groupe ou en famille nombreuse.

Une capitale antique à (re)découvrir avec Made in Alsace

Oedenburg n’a pas livré tous ses secrets, mais le musée gallo-romain de Biesheim en offre déjà une lecture passionnante, entre rigueur scientifique et objets bouleversants. De quoi transformer une après-midi ordinaire en incursion dans l’Alsace romaine. Made in Alsace vous invite à pousser la porte du Capitole et à laisser Oedenburg vous raconter son histoire en passant par sa web-application

PARTAGER L'ARTICLE

Facebook
WhatsApp
Email
LinkedIn

Découvrez aussi

Un agenda géolocalisé, une IA autour du Tourisme : Made in Alsace innove

Vous connaissez Made in Alsace, la marque des sorties et de l’art de vivre en Alsace. Depuis 22 ans,…

Domaine Ostertag Hurlimann : à Epfig, cinq générations font parler la vigne

À Epfig, il y a une maison qui sent le vin depuis 1890. Pas au sens figuré : le…

ON AIME ❤️

Bannière Hohlandsbourg Alsace 2026

ÉVÈNEMENT DU MOIS

schoenenbourg alsace insolite 2026

APPLI 📱

Découvrez l’Alsace
Autrement. Bons plans, sorties… laissez vous convaincre !

NOS TEE-SHIRTS