14 juillet 2020

Made in Alsace : la Marseillaise est Strasbourgeoise

« C’est dans l’intimité d’un salon strasbourgeois qu’on put entendre pour la première fois le chant qui, lors de la Révolution de 1848, deviendra l’hymne national des Français. Composé pour soutenir l’ardeur au combat de l’Armée du Rhin, ce chant ne tardera pas à être appelé la Marseillaise en référence aux soldats marseillais venus prêter main forte à ladite armée » nous précise les Musées de Strasbourg.

Dans les faits, on fait référence à une peinture d’Isidore Pils, exposée au Salon des Beaux-Arts, et dite illustrer les faits. Eh oui, il n’y avait pas de smartphone.

Et dire que La Marseillaise aurait pu se nommer « La Strasbourgeoise » !

La scène se passe au 17 rue des Charpentiers, chez le maire De Dietrich. On y voit Rouget de l’Isle chanter devant le maire et ses convives. Dans les faits, il semblerait plutôt que ce soit le maire ami du Capitaine qui entonna l’hymne. La veille, il lui avait déclaré « « Monsieur de Lisle, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la nation ».

Une scène qui ne lui évita pas les affres de la révolution. Il en sera une des victimes, désigné personnellement par Robespierre.

Le chant, originellement « Chant de guerre ou de marche pour l’armée du Rhin » est chanté à Paris par les Fédérés Marseillais en 1792. Il devient « La Marseillaise ». L’appel à la mobilisation, deviendra chant national le 14 juillet 1795. Et dire qu’il aurait pu se nommer « La Strasbourgeoise » !

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fils, vos compagnes!

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons

Son refrain le plus connu est naturellement le plus chanté.

Côté musique, on soupçonne qu’elle ne vient pas de Rouget de Lisle. Certains font d’Ignace Pleyel, alors Strasbourgeois, l’auteur de la musique (on peut en débattre) … Certains encore, dont votre plume du jour, mentionnent, amusés, la présence de la phrase « Allons enfants de la Patrie » dans diverses œuvres de Mozart et un rythme inspirant dans I’Allegro maestoso du Concerto No. 25 en ut major de Mozart ( K.503).

Des allusions et liens philosophiques sans aucun doute !

On notera que Napoléon l’interdit …