23 octobre 2020

La Mission, des Nouvelles du Monde, Tom Hanks et l’Alsace

La Mission, des Nouvelles du Monde, Tom Hanks et l’Alsace… Là, vous vous dites que l’équipe Made in Alsace a fumé du houblon ou abusé de l’eau de feu, l’autre nom donné à l’eau de vie par les indiens. Parlons Western !

Photo – News Of The World – Universal Pictures

Des indiens en Alsace ? Non ! Mais peut-être plutôt des alsaciens au pays des indiens.

Le roman de Paulette Jiles

Car tout le monde l’a oublié mais ils furent nombreux, les Alsaciens, à avoir franchi le monde pour participer à la création de l’Amérique telle qu’on la connait aujourd’hui. La sortie du film La Mission (News of the World) issu du roman éponyme permet de mélanger tout cela, entre fiction et réalité.

La fiction, c’est le roman « Des nouvelles du monde” de Paulette Jiles. L’Histoire pourrait se résumer ainsi : Un ancien imprimeur, le capitaine Kyle Kidd sort de la guerre de Sécession. Ne pouvant reprendre ses activités, il devient « conteur » et incarne à sa façon la transmission des nouvelles à l’oral.

Fin février 1870, il arrive à Wichita Falls. Il est interpellé par Britt Johnson et rencontre une jeune fille, vêtue comme une indienne… Britt doit emmener la jeune fille à Castroville, dans le Sud du Texas où elle conserverait de la famille.

Elle s’appellerait Johanna. Le convoi qui transportait la famille venue d’Allemagne a été décimée par des indiens Kiowas. Elle a vécue et grandi au milieu d’eux.

Le livre et le film diffèrent mais on comprend l’Histoire qui se prolonge par un regarde sur le choc des cultures, la « réinitialisation » de la jeune fille, le tout en traversant embuches et rencontres.

Et l’Alsace dans tout cela ?

La réalité ?

Nous n’avons pas connaissance des sources d’inspiration de l’auteur, mais l’allusion à Castroville ne laisse personne indifférent. Castroville, c’est la capitale “alsacienne” du Texas. Et là, on croise l’Histoire, celles des arrivées de colons alsaciens et allemands, des massacres d’indiens et les scalps de colons aussi.

Castroville, fondée en 1844 par le Consul Henri Castro, sera peuplé d’Alsaciens et d’Allemands qui feront ici leur « Ruée vers l’Ouest ». L’Alsacien y sera d’ailleurs longtemps plus parlé que l’Anglais…

Peter et Thérèsa Bluntzer

Au milieu d’eux, notons Peter Bluntzer, son épouse et leur huit enfants. Ils arrivent d’Oderen par Anvers, Galveston et accostent à Port Lavaca. Parti de Castroville, ils s’installent ensuite à Coleto qui devient vite Meyersville. Peter Bluntzer retournera même en Alsace, convaincre des familles entières de s’installer ici.

Très jeune, sa fille Thérèsa est enlevée par les indiens. Elle vit avec eux assez longtemps pour en apprendra la langue et la culture et sera rendue à son père, habillée en princesse indienne. Thérèsa reprit alors lentement la vie parmi les siens.

” Peter Bluntzer était un colon Alsacien qui a migré au Texas dans les années 1840/1850. Il habitait une ferme avec sa femme et ses enfants et y plantait du maïs.A cette époque, il arrivait aux Indiens d’attaquer et de piller les fermes isolées en raison de la famine. Régulièrement Peter Bluntzer les devançait en leur remettant de quoi survivre.Pourtant un jour, une de ses filles, Thérèsa âgée de 11 ans, a été enlevée alors qu’elle jouait en bordure de rivière.Malgré les battus elle ne fut jamais retrouvée et sa famille perdit tout espoir de la revoir.

Après plus d’un an, un Indien à cheval dépose une jeune fille blonde habillée en indienne à proximité d’une ferme voisine des Bluntzer.C’était Thérèsa, qui après avoir retrouvé sa famille, raconta son incroyable aventure.Elle avait bien été enlevée par une tribu indienne, (de Comanche il me semble, à moi..) et elle vécut parmi eux durant de longs mois.Un jour, un chef qui visitait le campement s’enquiert sur la petite fille blanche et on lui répondit que c’était l’enfant du fermier Bluntzer.”Quand nous manquions de maïs son père nous en a donné” et il demanda à ce qu’elle soit rendue à sa famille” nous précise André Goepfert ( citant un échange avec Mutzie Suehs maire de Castroville dans les années 80.

Elle connaîtra deux maris, Frederick Harsdorff, puis après sa mort, Joseph Hubersberger. La famille alsacienne laissera ainsi 700 descendants.

L’ouverture de Peter Bluntzer envers les tribus locales et l’histoire extraordinaire de Thérèsa ont-elles inspirées Paulette Jiles puis Paul Greengrass, le réalisateur du film ? On le saura peut-être en suivant la sortie du film et les interviews de Tom Hanks. Mais il y a fort à y penser.

Des nouvelles du monde aux nouvelles d’Alsace, il n’y a qu’un pas 😉 … Un Western alsacien ? “Warum neet” comme on dit à Castroville… Au goût d’Alsace, sans doute …

Sortie du film en Janvier

NB : La rédaction de l’article est née d’un échange FB avec Thierry Roland Kranzer